°o Guillaume Canet o°

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°o Sommaire o°


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Guillaume Canet:
-> Filmographie (Page 1)
-> Biographie (Page 1)


Guillaume alisateur:/!\ Bientot! /!\


Guillaume acteur:/!\ Bientot! /!\


Guillaume chanteur:
-> Vidéo 1 (Page 2)
-> Vidéo 2 (Page 2)


Les exclus du blog:
-> Rencontre avec Guillaume Canet (Page?)
-> Les photos inédites de la rencontre (Page 3 à 4)
-> Avant-première de Ne le dis à personne (Page?)
-> Les photos inédites de l'Avant-première (Page 5)

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# Posté le mardi 24 octobre 2006 07:58

Modifié le lundi 04 décembre 2006 15:41

°o Filmographie o°

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En tant qu' Acteur:

Ensemble, c'est tout (2006), de Claude Berri
Ne le dis à personne (2006), de Guillaume Canet
Cars (2005), de John Lasseter (Voix)
Un Ticket pour l'espace (2005), d'Eric Lartigau
L'Enfer (2004) de Danis Tanovic
Joyeux Noël (2004), de Christian Carion
Narco (2003), de Gilles Lellouche
Les Clefs de bagnole (2003), de Laurent Baffie (Guest-star)
Jeux d'enfants (2002), de Yann Samuell
Mon idole (2002), de Guillaume Canet
Mille millièmes, fantaisie immobilière (2002), de Rémy Waterhouse
Le Frère du guerrier (2002), de Pierre Jolivet
Vidocq (2000), de Pitof
The Day the ponies come back (2000), de Jerry Schatzberg
Les Morsures de l'aube (2000), d'Antoine de Caunes
J'peux pas dormir... (2000), de Guillaume Canet
La Fidélité (1999), d'Andrzej Zulawski
La Plage (1999), de Danny Boyle
Je règle mon pas sur le pas de mon père (1998), de Rémy Waterhouse
En plein coeur (1998), de Pierre Jolivet
Sentimental education (1998), de C.S. Leigh
Ceux qui m'aiment prendront le train (1997), de Patrice Chéreau
Barracuda (1997), de Philippe Haïm


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En tant que Réalisateur:

Ne le dis à personne (2006)
Mon idole (2002)
J'peux pas dormir... (2000)
Je taim (1998)


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# Posté le mardi 24 octobre 2006 07:59

Modifié le mardi 24 octobre 2006 08:18

°o Biographie o°

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Guillaume Canet, né le 10 avril 1973 à Boulogne-Billancourt, commence dans la vie active en faisant du saut d'obstacles à cheval (son père est éleveur).
A 10 ans, se
s parents l'inscrivent dans un cirque itinérant. Cela restera « un excellent souvenir ».
A cette épo
que, il rêve de devenir Jockey. Suite à une mauvaise chute, il y renonce.
Qu
elques années plus tard, Guillaume se produit sur la scène du Café du Trésor, mais le public reste hermétique à ses sketches.

Il opte alor
s pour la comédie et suit la classe libre du Cours Florent, à Paris, avant de débuter au théâtre. Mais il court aussi les castings et son premier rôle sera, effectivement, un premier rôle, puisqu'il tient la vedette de La Colline aux mille enfants (1994) pour la télévision, sous la direction de Jean-Louis Lorenzi. Suivront toute une série de téléfilms : Jeanne (1994) Ils n'ont pas vingt ans, un épisode de la série Le juge est une femme, Je m'appelle Régine (1996) Le Voyage de Pénélope (1995) Le cheval de c½ur, Pardaillan (1997) Le porteur de destin... A chaque fois, ou presque, le rôle principal. La scène n'est pas en reste, puisque Guillaume Canet donne aussi la réplique à Christophe Malavoy dans la pièce La ville dont le prince est un enfant, mis en scène par Pierre Boutron. Suivront toujours au théâtre Grande école et Les enfants du paradis, dans la mise en scène de Marcel Maréchal. Il mettra lui-même en scène une pièce, Vernissage, de Vaclav Havel, au Petit Théâtre Hébertot. Et s'enflamme pour la réalisation, tournant un court métrage Sans regret (1997) Barracuda (1997) marquera la première incursion, fort remarquée, de Guillaume Canet sur grand écran, après avoir figuré dans plusieurs courts métrages ( Fils unique (1994) de Philippe Landoulsi, Un ange passe, d'Emmanuel Jeaugey, Madame Verdoux, de Jean-Luc Reynaud). Il tient un petit rôle d'auto-stoppeur dans Ceux qui m'aiment prendront le train (1998) puis, en petite frappe des banlieues, tient la dragée haute à Gérard Lanvin dans En plein c½ur, pour lequel il est nommé au César du Meilleur espoir. Nouveau grand espoir du cinéma français, il a enchaîné, sitôt achevé Je règle mon pas sur le pas de mon père (1998) dans lequel il faisait équipe avec un drôle de géniteur, truand et arnaqueur de petite envergure: Jean Yanne.
La
réalisation de son deuxième court métrage, Je taim (1998) sur les relations douloureuses entre une petite fille et son père junkie.
Cons
écration : il est choisi par Danny Boyle pour donner la réplique à Leonardo DiCaprio et Virginie Ledoyen dans La Plage (The Beach) (1999) qui est un des films les plus attendus de la fin 1999. Il enchaîne dès lors les tournages : il est un photographe de faits divers dans La Fidélité (1999) un oiseau de nuit qui fraye avec de drôles de vautours dans Les Morsures de l'Aube (2000) un jeune Français parti à New York à la recherche de son père dans The Day the Ponies Come Back (2000) avant d'enchaîner, aux côtés de Gérard Depardieu, sur Vidocq (2001) où il est un journaliste qui cherche à percer le secret de la mort de Vidocq et un amnésique perturbé, en plein Moyen Age, dans Le Frère du guerrier (2002) pour lequel il a retrouvé Pierre Jolivet, son réalisateur d'En plein coeur.


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# Posté le mardi 24 octobre 2006 08:43

Modifié le mardi 24 octobre 2006 08:59

°o Interview: Mon idole o°

°o Interview: Mon idole o°
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°o Interview: Mon Idole o°

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Sous ses airs de jeune premier l`ex-partenaire de Leo DiCaprio dans «La Plage» réussit un joli premier film comme metteur en scène: «Mon Idole» est une comédie au vitriol sur la té-poubelle. Entretien.

Il est jeune chéri par ces dames il a don la réplique à Rochefort (Barracuda) a joué pour Pierre Jolivet (En plein coeuur) Rémi Waterhouse (Jegle mon pas sur le pas de mon père) avant de se voir offrir en 2000 un billet pour La Plage de Danny Boyle aux côtés de Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen. De Zulawski à Antoine De Caunes en passant par Jerry Schatzberg tout le monde s`est arraché ce jeune premier surdoué limite énervant.
Ap
rès une faute de goût sans conséquence (Vidocq) Guillaume Canet 29 ans revient en force cette année avec Le Frère du guerrier de Pierre Jolivet et Mille millièmes fantaisie immobilière de Rémi Waterhouse et surtout avec Mon Idole sa première réalisation. Satire du milieu des reality-shows cette fable mordante sur un jeune candide (Bastien joué par Canet) fasciné par un son boss cynique et tout-puissant (Broustal irrésistible François Berléand) aurait pu prendre pour cadre n`importe quelle entreprise ou un club de sport. Mais le choix de Canet apparaît judicieux à l`heure où les émission poubelles se multiplient sur le petit écran. Rencontre dans les salons d`un hôtel genevois avec un acteur-réalisateur comblé et résolument terre-à-terre.


Le Courrier: Ceux qui ont de vous l`image du jeune premier de La Plage seront surpris par ce premier film très moral et pas nombriliste du tout. Etait-ce un choix délibéré?
Guillaume Canet: Mon Idole me ressemble bien plus que La Plage qui renvoyait de moi une image qui ne me correspondait pas. Auparavant j`avais déjà fait six films alors mon film peut surprendre certaines personnes mais il est en réalité plus personnel plus proche de mes préoccupations et de ma façon d`être dans la vie: cynique grinçant en tout cas plus critique.

Vous dépeignez le milieu de la télé-réalité sous l`angle de la satire - le début du film peut même sembler caricatural - mais on n`est pas si loin de ce qui se fait en télévision actuellement...
- Quand j`ai vu le Jerry Springer Show aux Etats-Unis je me suis dit «C`est incroyable ce truc n`existera jamais en France!». Et puis ça a commencé à arriver en masse sur nos écrans pendant qu`on écrivait le scénario avec Philippe Lefèbvre qui joue le rôle de Letzger dans le film (un animateur aux dents longues ndr). Du coup quand on s`est posé la question du milieu dans lequel nos personnages allaient évoluer c`est apparu évident. La manipulation exercée par Broustal sur Bastien on la retrouve dans la télé-réalité. Les invités - et les spectateurs avec eux - sont mis dans des situations visant à en tirer un maximum d`émotion. Cette surenchère et cette volonté de dépasser les limites à tout prix me font peur. Quand Nagui fait sentir une merde de chien à un invité je me dit: «Qu`est-ce qu`on pourra bien faire dans quatre ans? La bouffer?» Ou ce chirurgien qui dissèque un corps sur le plateau en direct pour faire sentir les abats au public: c`est hallucinant! Le plus effrayant là-dedans c`est qu`on a la télé qu`on mérite et que si ça existe c`est que les gens ont envie de voir ça. Et s`ils veulent voir ça c`est qu`ils s`emmerdent ou qu`ils n`arrivent plus à apprécier les choses simples de tous les jours.

Il y a une sincérité évidente tant dans le film que dans vos propos. C`est le regard du provincial sur le microcosme parisien?
- C`est vrai et je le revendique. Je suis né à la campagne j`ai grandi dans les écuries de mes parents éleveurs de chevaux entouré de gens peu habitués à tourner autour du pot. Les gens de la campagne ne louvoient pas ça doit se retrouver dans mes films. Cela dit les choses que je critique - l`arrivisme l`hypocrisie - ne sont pas propres au milieu de la télévision. La manipulation les gens prêts à tout pour entrer dans le bureau du patron les chefs d`entreprise blasés et pleins de fric qui ne ressentent plus rien et vont faire des partouzes chez Monsieur le Maire on trouve ça un peu partout.

Votre mentor à vous l`acteur et réalisateur Pierre Jolivet c`est un peu l`anti-Broustal...
J`ai demandé à Pierre de venir faire un petit clin d`oeil dans mon film vu que je lui avais piqué François Berléand l`un de ses acteurs fétiches et Clotilde Courau. C`est rassurant de rencontrer des gens comme lui dans le milieu du cinéma.

Mon Idole évoque une certaine tradition: Chabrol Granier-Deferre etc par l`importance accordée aux seconds rôles par ces rapports de force basés sur la psychologie des personnages...
- Des films dialogués avant tout! Je ne peux pas nier l`influence de cette école-là même si je suis quelqu`un d`instinctif. Si Mon Idole est assez classique c`est d`abord parce que l`histoire l`exigeait. L`esbroufe le rythme pour le rythme je ne suis pas client. Mais je n`exclus pas de faire un jour un film plus «speed» et visuel.

Comment fait-on pour maîtriser son film quand on cumule autant de casquettes
(scénariste réalisateur coproducteur et acteur)?

- Techniquement au niveau des plans je m`étais énormément préparé avant de tourner. Je n`avais pas prévu de jouer moi-même mais Berléand m`a convaincu. Le fait d`avoir à mes côtés Philippe Lefèbvre qui avait écrit le scénario avec moi m`a permis de garder du recul et de ne pas perdre de vue le profil des personnages. Coproducteur signifie juste que je n`ai pas pris d`argent pour faire le film.

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# Posté le mardi 14 novembre 2006 07:41

Modifié le mardi 14 novembre 2006 08:08

°o Interview: Jeux d'enfants o°

°o Interview: Jeux d'enfants o°
°o Interview: Jeux d'enfants o°

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Guillaume Canet, généreux indiscipliné au tempérament bohème, donne à son personnage son plaisir du jeu et son goût péchu pour les histoires simples et fortes. Et explique très clairement pourquoi.

Qu'est-ce que vous appréciez le plus, dans le film ?

J'ai été séduit par l'originalité du film dans son traitement, dans ce qui le rend assez différent des autres films. Il est très visuel, il ne ressemble pas à une comédie romantique banale, un peu à l'eau de rose. Il y a quelque chose de plus onirique, de plus poétique. Yann a vraiment réussi ça : dans la lumière, qui est un peu bonbon acidulé au départ et qui se ternit au fil du temps ; dans sa mise en scène qui est vraiment excellente, tout ça... Ce sont des partis pris vraiment intéressants.

Et sur le fond ?

Le plus important, ce sont les rapports entre les personnages. C'est intéressant parce qu'on peut tous s'y retrouver. Ça parle très bien de l'amour : la découverte, la manière de cacher les choses, de ne pas vouloir s'avouer à l'autre, de ne pas vouloir prendre le risque de se livrer, et ensuite de regretter de l'avoir fait... On passe par plein de stades jusqu'à en être très heureux. En tout cas, même si tous ne l'ont pas vécu, je souhaite à tout le monde de vivre au moins une fois une passion dans sa vie. Qu'elle soit normale ou dévorante et dévastatrice, comme c'est le cas dans le film.

Il y a beaucoup d'amitié dans cet amour-passion entre les personnages...

Oui, énormément. La passion part de là, et tout le problème c'est justement de passer le cap, de réussir à passer le stade de l'amitié, avec ce que ça va changer dans la relation, quelque part...

Elle le sauve, au départ, du chagrin de la mort de sa mère...

Oui, il y a un truc très fort qui se passe. La mort de la maman du petit garçon, c'est quelque chose de terrible, et Sophie-Marion vient remplir ce manque de tendresse, d'amour, d'attention.

Comment s'est passée votre rencontre avec Yann ?

Yann m'a appelé par l'intermédiaire de Christophe, le producteur, en me demandant si je voulais le rencontrer. Il m'a parlé de son film avant de me donner le scénario, et j'ai aimé sa manière d'en parler. Il m'a expliqué qu'il avait pensé à moi tout de suite, ça m'a fait très plaisir, et voilà ! Ensuite, quand j'ai lu le scénario, j'ai beaucoup aimé son univers, ce que ça racontait. Et puis, je n'avais jamais fait d'histoire d'amour jusqu'à présent, donc j'étais assez content.

Pourtant, dans le film de Zulawski, "La Fidélité", il était quand même question d'amour ?

Oui, mais pas d'une histoire d'amour assumée. Le Zulawski parle d'un amour frustré, absolument pas dévoilé. Et c'est un film choral, qui n'est pas recentré sur un couple.

Ce couple-ci, en tout cas, est parfaitement romantique. L'éternité de l'amour dans celle de la mort, c'est un classique du genre ?

Oui, bien sûr. Ca me rappelle aussi énormément un couple dans "Hôtel du Nord", qui veut absolument partir car ils sont au sommet de leur amour et qu'ils sentent qu'ils ne seront pas plus amoureux que ça... Mais on sent, après, que la femme est beaucoup plus amoureuse que l'homme... (sourire)... et qu'il l'a un peu trompée, mais...

Qu'est-ce qui vous a touché, précisément, quand vous avez rencontré Yann ?

La naïveté. Je trouve qu'on vit dans un monde où il n'y a plus d'envie parce qu'il y a une sur-médiatisation, une sur-communication sur tout, et les gens se retrouvent face à un étalage de propositions tellement énorme qu'ils ne savent plus ce qu'ils veulent. Ils deviennent blasés. Alors que l'amour et des rapports assez simples, comme ceux décrits dans le film, ça rappelle qu'il y a des choses essentielles, que c'est bien de se regarder, de s'aimer, de se parler, d'apprécier ces choses simples.

Avez-vous eu beaucoup de liberté pour créer votre personnage, ou les dialogues étaient-ils très écrits ?

C'était très précis et on a énormément négocié avec Yann, parce qu'il ne voulait rien changer. Or, dans un scénario, il y a toujours des dialogues trop écrits, qui sonneront faux. Yann tenait à ses dialogues, et ça a été assez dur de le faire changer d'avis, par moments. Mais on tenait bon, avec Marion ! Et c'est intéressant aussi, cet échange qu'on a avec le metteur en scène.

N'a-t-il pas été trop difficile de contenir le réalisateur que vous êtes devenu (NDLR : "Mon idole") ?

Absolument pas. A partir du moment où je ressentirai ça, il faudra que j'arrête le métier d'acteur ! Il faut vraiment faire la part des choses. Quand on dit oui à un réalisateur, il faut lui faire confiance. Et je n'ai pas envie de me mettre dans la situation où je penserais à la mise en scène alors que je joue ! Là, j'ai vraiment retrouvé le plaisir d'acteur, tout le bonheur que j'avais à jouer, à être libre... C'est un métier beaucoup moins contraignant que celui de réalisateur. On a plus le temps de travailler, de réfléchir entre les prises. Quand on est réalisateur, on doit répondre à mille questions en même temps, on n'a le temps de rien, ça va très vite...

Vous êtes-vous intéressé aux personnages jeunes, interprétés par les enfants ?

Oui, énormément. Ils sont excellents, les enfants. La barre était très haute. On a beaucoup travaillé avec eux car on voulait qu'il y ait des similitudes dans des gestes, etc. Avant le tournage, on a donc fait plusieurs séances de travail. Marion jouait avec Thibault, et moi avec Joséphine, et on intervertissait les âges. Thibault me regardait jouer avec sa partenaire, et vice versa, et c'était assez intéressant.

Pensez-vous que vous pourriez jouer un rôle dans une comédie romantique plus classique que celle-ci ?

Pas tout de suite. Ce qui me fait plaisir dans les films que je fais, c'est qu'ils n'ont rien à voir les uns avec les autres. En même temps, c'est une prise de risque et c'est à moi de la gérer ensuite. Mais j'aime beaucoup ces mises en danger. Je ne fais pratiquement que des premiers films. Et j'aime faire des choses totalement différentes. C'est en ça que je trouve mon bonheur.

Est-ce pour éviter d'être cantonné à certains types de personnages ?

Non, c'est plutôt mon plaisir à moi. Par exemple, j'ai refusé certains films dont je savais qu'ils allaient être assez populaires mais qui ne correspondaient pas à mon truc. Je n'avais pas envie de faire ce genre de cinéma-là, ce genre de films. Je ne fais que des choses dans lesquelles je sens que je peux apporter quelque chose et où je sais que je vais m'amuser. Après, c'est vrai que ça véhicule une image quand même parce que, dans des films différents, des personnages peuvent se ressembler. On m'a collé assez longtemps l'image de quelqu'un d'assez naïf, très gentil, le gendre parfait... A un moment, ça m'a un peu gavé parce que je ne suis pas comme ça dans la vie de tous les jours !


Quels seront vos futurs personnages ?

En août, je vais faire un film de Christine Carrière qui s'appelle "Darling" avec Marina Foÿs. Je joue un mari alcoolo qui frappe sa femme, donc, voyez, c'est très différent de ce que j'ai fait jusqu'à présent. Et en septembre, je fais "Narco", qui est encore autre chose...

(interruption)

Marion Cotillard : on ne peut pas parler un peu moins fort ?

Marion Cotillard : Oh, ta gueule ! Cap que tu te mets tout nu sur la table ! (Rires)

Vous vous êtes autant amusés pendant le tournage ?

Oui. Yann est un grand enfant. Il a amené une ambiance sur le plateau où on s'amusait tout le temps. Il y avait vraiment une très bonne ambiance, très bon enfant.

Le film dit un peu ça : on peut rester enfant éternellement ou, comme dit la chanson, "être vieux sans être adulte"...

C'est ça. Mais tout le monde devrait être comme ça.

Comme les acteurs ?

Oui. Les plus grands acteurs sont de grands enfants. Serrault, Rochefort, Jean Yanne qui me manque énormément... Tous ces gens ont gardé une part d'enfance incroyable. Et les enfants sont des acteurs extraordinaires parce qu'ils ne prennent pas conscience de ce qu'ils jouent, donc ils y vont sans retenue. Ils ne se posent pas de questions. Les grands acteurs ont ce côté inconscient ; ils sont capables de se lâcher sans se poser de questions. Mais la vie apporte quelquefois des choses compliquées à gérer : plus on grandit, plus on mûrit, plus on a de responsabilités. et on ne peut plus être si inconscient que ça.

"N'achète jamais de barbecue", dit Rochefort, n'est-ce pas ?

La grande phrase de Rochefort, c'est ça ! C'est parlant. A partir du moment où on achète le barbecue, on achète la maison, on paie les traites, et puis on commence à faire des films pour rembourser la maison... Et on prend moins de risques. Cela dit, le principal n'est pas de ne pas acheter de barbecue, c'est de savoir qu'on peut s'en débarrasser parce que ce n'est pas si important que ça.

L'important, alors, c'est de rester bohème dans l'âme ?

Voilà. Exactement. C'est important de savoir que, du jour au lendemain, on peut se retrouver sans rien. C'est pour ça qu'il faut prendre des risques dans les choix qu'on fait. Moi, ça ne m'intéresse pas de faire des films en sachant que ça va être des cartons. Je m'en fous. Si ça doit être des grosses merdes, je n'ai pas envie de les faire. Je préfère que ce soit des films qui me parlent, qui vont parler à des gens, qui vont émouvoir ou faire rire...

Il y a une énergie importante dans le film, une forme de rage, un côté "Fureur de vivre"...

Oui, il n'y a pas que des choses très belles. Il y a un peu de tout, et même des choses assez grinçantes. Le père, il est très dur. Mais bon, les torgnolles, parfois, ça remet les idées en place ! (sourire...)

Quand vous étiez petit, vous faisiez quel genre de bêtises ?

J'étais pire que lui ! J'ai fait plein de conneries... Par exemple, cambrioler une boulangerie avec un flingue en plastique et une capuche sur la tête pour avoir des croissants, à dix ans... On ne vous prend pas forcément au sérieux, mais vous prenez une bonne torgnole après ! Et là, je ne vous parle que des gentilles bêtises ! C'est un tempérament, une façon d'être. Je n'ai jamais aimé la discipline, mais ça ne m'a jamais empêché d'être très respectueux et poli avec les gens, tout en s'amusant, en n'acceptant pas toujours de suivre la ligne qu'on veut vous donner. J'ai été élevé comme ça et je trouve que c'est la meilleure éducation.

Vous vouliez déjà être acteur, à l'époque ?

Non. Je voulais être pompier. Après, je voulais être boxeur.

Deux rôles que vous n'avez pas encore incarnés au cinéma ?

Non. Ça va venir, peut-être, un jour !

Vous avez pris des cours ?

Je travaillais dans un cirque. L'école avait proposé à tous les parents d'élèves cancres qu'ils aillent le matin au cirque et l'après-midi en classe. On cumulait les heures de permanence et de sport pour le cirque, et tous les week-ends je faisais spectacle avec le cirque itinérant. C'est comme ça que j'ai découvert le plaisir de jouer devant un public.

Comment définiriez-vous le film ?

Je dirais "une comédie romantique décalée".

Une fantaisie romantique ?

Oui, une fantaisie romantique, c'est pas mal, ça.


Propos recueillis et retranscrits par Isabelle Kersimon pour CineMovies.

# Posté le mardi 14 novembre 2006 08:19